Vannerie.

Pièges...

Les pièces ci-dessus ont été faites en Europe par le même sculpteur...doué! mais pourquoi accepter ces commandes?

 

Dans ce court paragraphe, sur ce sujet dont je pourrais faire un livre, je ne parlerai pas des réparations et modifications non annoncées, ni des sculptures pour le touriste ou l'amateur parésseux qui trouve toutes documentations trop honnéreuses.

 

Il y a les pièces représentant des sujets fantastiques avec la signature d'artistes célèbres ou parfois non signées. C'est là qu'il faut bien connaître l'artiste, car celui-ci met toujours dans ses oeuvres un trait de sa personnalité, C'est le cas de Mitsuhiro ou de Tametaka et de bien d'autres, ce qui ne s'applique pas aux artisans et à la majorité des sculpteurs, mais aux grands maîtres dont on trouve parfois la signature  sur des pièces comme cet Ashinaga et Tenaga. Le sculpteur en a fait plusieurs exemplaires non signés ou portant des signatures diverses, le fait d'avoir une signature sur une réserve en relief est la preuve que la signature est bien née avec la pièce. Oui mais voila! La pièce que nous avons ci-contre est plus jeune que moi et il y a bien longtemps que Toyomasa était mort lorsqu'elle vit le jour. Ce n'est d'ailleurs pas son style ni le bois, ni la patine qu'il utilisait.

Ces pièces sont des faux! dont je ne suis pas sur que le sculpteur en ai tiré le profit; mais si l'on parle de signature il faut savoir que certaines forts célèbres ont été rajouté sur des netsuke anciens dans un but lucratif c'est le cas des Masanao de Kyoto ou de Ise.

C'est pourquoi il faut connaître le style de certains artistes. Nous en avons un exemple ici avec ces deux grenouilles en lutte sur une feuille de lotus, sujet tiré du choju giga un rouleau du  12ème siècle qui caricature la vie des moines bouddhistes, représentés par des grenouilles, des lièvres et des singes, cette satire les montre en train de s'amuser, ici faisant de la lutte (voir détail ci-dessous). A l'origine ce netsuke ancien n'était pas signé, mais  pour faire plus d'argent un occidental a incrusté une plaque d'ivoire portant la signature du maître des Masanao de Ise.Toutefois la supercherie est évidente: la signature manque de mouvement, le troisième trait du caractère Masa est tracé vers le haut et ce kanji est trop allongé, il devrait s'inscrire dans un carré, le faussaire s'y est repris pour faire le troisième trait du Nao. De toute façon ces batraciens ne sont pas dans le style de cette école comme vous pouvez le voir avec ceux sur un baquet qui sont l'oeuvre de Suzuki Masanao et de son fils. Cepandant ce netsuke est intéressant par le sujet, mais à son juste prix et il serait très facile d'enlever la signature et de reboucher l'emplacement sans domage pour la pièce. 

Pour ce qui est des faux Mitsuhiro, dont vous avez un exemple avec ce sanglier, je vous renvoie à mon article sur cet artiste et pour la documentation aux ouvrages que j'ai écrit. Mon client et ami, à qui j'ai servi de conseil pendant toute sa collection, étant hélas décédé, je suis libre et disponible pour faire de même avec un autre amateur.

C'est un domaine quelque peu oublié dans les objets qui nous interesse cependant il faut faire preuve d'une grande dextérité pour réaliser un netsuke ou un sagemono dans cette technique.  On observe deux modes de vannerie:l'un en torsade hélicoïdale avec enjambement d'un tour sur le précédent et l'autre en chevrons plats pour des effets décoratifs qui en renforcent la structure.